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Les réflexions sur la
notion de conflit sont aussi anciennes que le phénomène lui-même.
Différentes cultures ont développé différentes manières de gérer les
conflits : approches juridiques, traditionnelles, religieuses qui
peuvent sembler contradictoires a priori mais qui sont en réalité
relativement similaires puisqu’elles visent toutes à réaliser le désir
profond de tout homme de vivre dans la paix et la justice. Même dans le
contexte palestinien caractérisé par l’absence persistante de lois, les
Palestiniens sont parvenus à préserver un certain nombre de savoirs
traditionnels quant à la resolution de conflits.
La technique dite de
“Sulha” a été utilisée pendant des siècles, grâce à son caractère très
flexible. Sa sagesse est reconnue par toutes les communautés en
Palestine, au-delà des divisions religieuses ou ethniques. Parce que la
“Sulha” fait partie intégrante de la culture palestinienne depuis des
temps très anciens, il n’est en rien surprenant que certains éléments
dans sa pratique de résolution de conflits diffèrent des techniques
utilisées par d’autres cultures, telle que l’approche européenne par
exemple.
Lorsque de nouvelles
méthodes , extra-juridiques, de résolution ou de transformation de
conflit ont ete developpées dans certaines universités américaines, une
nouvelle génération de chercheurs s’est interrogée sur de nouvelles
approches de gestion de conflits multi-dimensionnels. Ils se sont
penchés sur les opportunités de créer un environnement favorable aux
contacts directs et aux situations gagnant-gagnant. Nombre de leurs
approches ( telles que la médiation, négotiation ou facilitation) se
sont révelées fructueuses. De nos jours, les méthodes alternatives de
résolution de conflit interviennent souvent en complément des stratégies
mondiales existantes.
L’éducation à la paix,
ainsi que les ateliers de conflict resolution renforcent la légitimité
de programmes dits plus classiques tels que ceux d’éducation a l’hygiène
ou d’assistance psychologique. Les Palestiniens travaillant dans le
domaine de la paix et de l’éducation en ont été les premiers témoins :
face au non-Etat de droit, résultat de l’occupation, les professionnels
du secteur éducatif ainsi que les militants pour la paix ont commencé à
réfléchir aux moyens de compléter la “Sulha” par des méthodes
alternatives de résolution de conflit. |